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Les Copines et Copains du net   

L'huile de Palme

Fanny | Publié lun 19 Nov 2018 - 9:08 | 813 Vues

“J’ai vu le scandale de l’huile de palme” : un témoignage exceptionnel


L’huile de palme serait à l’origine d’une catastrophe écologique. Mais de quoi parle-t-on vraiment ? En quoi se gaver de pâte à tartiner, manger des biscuits ou se laver les cheveux (oui, on trouve aussi de l’huile de palme dans des shampooings) pose un problème à qui que ce soit ? Pour avoir une réponse à cette simple question, il n’y a qu’à jeter un œil à cette vidéo édifiante, passionnante et bouleversante qui, et c’est une excellente nouvelle, remporte actuellement un gigantesque succès d’audience sur Youtube.

Alors voilà. Si vous avez le courage de savoir en quoi l’huile de palme est à l’origine d’une catastrophe écologique, c’est maintenant…



Cette vidéo ne prêche pas que les convaincus. Pourvu qu’elle tourne encore et encore. Il

De quoi l'huile de palme est-elle coupable ?


Source de la publication


 

Au lendemain de l’amendement MoDem sur l’huile de palme…  18/11/2018 à 06:05


Contre l’avis du gouvernement

Vendredi soir, en effet, un amendement du MoDem excluant l’huile de palme de la liste des biocarburants a été approuvé par 22 voix contre 20, dans le cadre de l’examen en première lecture du projet de budget pour 2019. Et ce, contre l’avis du gouvernement (et donc de nombreux “marcheurs”), et avec les voix des oppositions…

Ce samedi, Bruno Millienne, qui fut le premier signataire de cet amendement, nous expliquait sa bataille : « Jusqu’à ce que le texte soit voté, j’étais en colère. Mais une colère juste et calme. J’ai essayé d’expliquer à mes collègues de la majorité que, dans le contexte actuel, celui de la grogne et des “gilets jaunes”, il fallait rester cohérents. En effet, cela fait quinze jours que l’on se bat pour expliquer pourquoi on fait la transition énergétique et pourquoi on augmente la taxe sur le gazole… et dans le même temps, il aurait fallu garder l’huile de palme dans notre liste de carburants propres ? Non, ce n’était pas possible, les gens n’auraient pas compris. La production de l’huile de palme participe à la déforestation ! »

L'huile de palme, c'est quoi  ?

L'huile de palme est une huile végétale issue du palmier à huile. Les fruits de cet arbre, de couleur jaune et orangée et de la taille d'une grosse noix, sont récoltés par grappes avant d'être séparés puis ouvert. Ils abritent un noyau blanc.

Chacun de ces fruits contient environ 30 à 35% d'huile, selon les données de l'European Palm Oil Alliance (Epoa), qui rassemble des organes nationaux d'analyse sur la production d'huile ainsi que de gros producteurs tels que Cargill ou Unigra. Elle est extraite par pression à chaud. Une différence existe entre l'huile de palme et l'huile de palmiste. La première est issue du fruit, la seconde du noyau.

Le palmier à huile, arbre tropical, pousse dans les régions proches de l'équateur. Les palmeraies d'où est issue l'huile de palme consommée se trouvent principalement en Indonésie et en Malaisie - voir en note (1) -, producteurs de 80% des stocks, mais on en trouve également en Amérique latine et en Afrique de l'Ouest.

Pourquoi est-elle si prisée de l'industrie agroalimentaire?

En 2012, la consommation d'huile de palme s'élevait à 52 millions de tonnes, soit 28% de la consommation mondiale d'huiles et de graisses. L'huile de palme est ainsi l'huile la plus prisée, devant l'huile de soja. Son principal atout réside dans sa rentabilité: un palmier à huile produit environ 40 kg d'huile par an, pour une durée de vie de trente ans. La production demande ainsi moins de surface que d'autres huiles, telle que celle issue du soja. Du fait de son rendement, son prix est également inférieur à celui d'autres huiles végétales.

Autre avantage: l'huile de palme résiste bien à la cuisson et est solide à température ambiante. C'est cette caractéristique qui offrirait au Nutella, dont la recette contient de l'huile de palme depuis une quarantaine d'années, son onctuosité.

Quels problèmes écologiques pose-t-elle?

Face à une hausse très importante de la consommation depuis une vingtaine d'années, les pays producteurs ont augmenté les espaces dédiés à la culture du palmier à huile. De 15,2 millions de tonnes en 1995, la production d'huile de palme est passée à 56 millions de tonnes en 2013. D'ici 2020, elle pourrait largement dépasser les 60 millions à raison d'une hausse annuelle de 2,5%.

D'après WWF, 12 millions d'hectares de terre sont désormais couverts de palmiers à huile, soit un tiers de l'Allemagne. Pour assurer ce niveau de culture, des millions d'hectares de forêts ont été détruits. L'ONG précise qu'au total, 90% des forêts d'Indonésie, où un million d'hectares disparaît chaque année, de Malaisie, de Bornéo et de Sumatra ont été décimées.

Un palmier à huile est nécessaire pour couvrir la consommation annuelle d'une famille française.

Conséquence: les arbres ne jouent plus leur rôle d'absorbeur de gaz à effet de serre, particulièrement important en ce qui concerne la forêt tropicale, et la libération du CO2 emprisonné lors de la destruction des forêts a un impact très négatif sur l'environnement. Des problèmes se posent aussi pour la biodiversité: plusieurs espèces animales vivant dans ces milieux sont menacées, comme le rhinocéros, le tigre ou l'orang-outang. La suppression des forêts a également des conséquences pour les populations des pays: en Indonésie, 40% de la population dépend des forêts, souligne WWF.

Est-elle mauvaise pour la santé?

Autre raison du désamour pour l'huile de palme: le risque qu'elle fait peser sur la santé. L'huile contient 45% d'acides gras saturés, qui provoquent des problèmes vasculaires. Des désaccords existent toutefois sur ce point parmi les spécialistes.

L'huile de palme a certains avantages nutritionnels, notamment par rapport aux acides gras transformés, présents dans les huiles végétales hydrogénées.

Aux États-Unis, ces substances interdites mardi vont d'ailleurs être remplacées par l'huile de palme. Et d'autres matières grasses contiennent davantage d'acides gras saturés. Le problème est qu'il est très difficile de contrôler la quantité que l'on en consomme car l'huile est utilisée dans un très grand nombre de produits alimentaires. Selon WWF, un palmier à huile est nécessaire pour couvrir la consommation annuelle d'une famille française.

L'huile certifiée durable va-t-elle sauver les forêts?

Depuis 2003, une certification a été mise en place par la RSPO (Table-ronde sur l'huile de palme durable), qui rassemble plusieurs ONG et professionnels, basée notamment sur la transparence, la préservation des ressources naturelles et de la biodiversité, ainsi que le respect des employés. Actuellement, 12,53 millions de tonnes d'huile ainsi certifiée sont produites, soit 20% de la production mondiale.

Mais pour Greenpeace, «la certification RSPO n'est pas suffisante, car elle ne comporte pas de critère de non-déforestation», explique Jérôme Frignet, responsable de la campagne Fôrets.

D'après lui, les études menées par RSPO on montré que seulement 10% des forêts avaient pu être préservées en Indonésie grâce à cette certification.

«À Greenpeace, nous maintenons l'objectif de conserver 100% des forêts avec l'engagement zéro déforestation

Un objectif supplémentaire accepté par certaines entreprises, face à des exigences plus fortes des consommateurs alertés par des campagnes sur le sujet.

C'est le cas de... Ferrero. Comme Unilever, Nestlé ou Carrefour, ou encore Cargill, premier négociant de matières premières agricoles, l'entreprise italienne a mis la pression sur ses fournisseurs, notamment Sinar Mas, principal producteur indonésien, les contraignant à s'engager dans une démarche zéro déforestation.

«Ségolène Royal a raison de souligner que l'huile de palme reste un problème, mais l'exemple du Nutella n'est pas tellement pertinent», résume Jérôme Frignet.

Greenpeace note ainsi les efforts faits en quelques années et se dit plutôt «optimiste».

«On peut doubler la production des plants existants sans intrants et sans détruire la forêt, en utilisant de meilleures techniques», explique-t-il.

Malgré cela, l'ONG reste vigilante: à terme, la question de la consommation se posera, et l'inquiétude grandit vis-à-vis de la volonté du gouvernement malaisien d'introduire l'huile de palme comme agrocarburant obligatoire, ce qui engendrerait une explosion de la consommation.

(1) -

L'Indonésie et la Malaisie assurent 80 % de la production mondiale d'huile de palme avec des plantations faites sur brûlis.


Voilà des dizaines d'années que cela dure sans que personne ne puisse rien y changer. Dès qu'il ne pleut plus, l'île de Sumatra, au nord de Java, en Indonésie, s'enflamme.

Les fumées nauséabondes franchissent la mer et s'abattent, opaques et denses, sur la Malaisie et Singapour. Plus personne ne peut respirer normalement. Dans les rues, tout le monde doit porter un masque sous peine de suffoquer. Vendredi, elles ont atteint un niveau jugé officiellement «dangereux» par les autorités singapouriennes qui, ne pouvant même plus voir le haut de leurs gratte-ciel de verre et d'acier, ont dépêché leur ministre de l'Environnement à Djakarta. Il a exhorté l'archipel à agir de manière «décisive et urgente». Ce à quoi son homologue indonésien lui a rétorqué qu'il devait «cesser de se comporter comme un enfant». Et il n'a pas eu beaucoup plus de chance avec la Malaisie, pourtant enfumée elle aussi.

L'explication est simple. Ni l'une ni l'autre ne veulent tuer la poule aux œufs d'or. L'Indonésie et la Malaisie assurent 80 % de la production mondiale d'huile de palme. Une huile dont il s'est vendu 50,6 millions de tonnes dans le monde en 2011, principalement en Inde, en Chine et en Europe. Et la demande croît de 13 % chaque année. Unique problème, les plantations sont faites sur brûlis, ce qui entraîne une destruction massive de la forêt et des feux gigantesques. Or les sociétés qui le font sont principalement des groupes malaisiens et singapouriens qui possèdent d'importantes concessions en Indonésie. Difficile de les montrer trop ouvertement du doigt.



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